Illustration modèle gratuit (succession) – lettre-motivation-exemple

Attestation de porte-fort : modèle gratuit (succession)

Mis à jour le 15 juillet 2026 · Rédigé par la rédaction de lettre-motivation-exemple.fr

L’attestation de porte-fort (ou « promesse de porte-fort ») est l’acte par lequel une personne s’engage à obtenir qu’un tiers — le plus souvent absent, injoignable ou pas encore consulté — ratifie un engagement, sans pour autant s’engager personnellement à la place de ce tiers. Elle est très utilisée dans le règlement des successions, lorsqu’un héritier doit agir rapidement au nom des autres.

Cette page détaille le fonctionnement juridique du porte-fort, encadré par l’article 1204 du code civil, propose un modèle d’attestation pour une succession et un modèle pour un acte civil courant, et répond aux questions les plus fréquentes sur la portée réelle de cet engagement.

  • Fondement juridiquearticle 1204 du code civil
  • Usage le plus fréquentrèglement d’une succession (héritiers absents)
  • Nature de l'engagementobligation de faire (obtenir la ratification), pas un paiement
  • Sanction en cas d'échecdommages et intérêts au bénéfice du créancier de la promesse

Générez votre attestation de porte-fort en 1 minute

Renseignez les champs ci-dessous : votre lettre personnalisée s'affiche instantanément, prête à télécharger en TXT ou PDF. Pensez à la relire et à l'adapter avant envoi.













Modèle d'attestation de porte-fort pour une succession

Ce modèle est utilisé lorsqu’un héritier doit accomplir un acte urgent (déblocage de comptes, vente d’un bien dépendant de la succession) alors que tous les autres héritiers n’ont pas encore pu être consultés ou n’ont pas encore signé les documents nécessaires.

Camille Martin
12 rue des Lilas, 69000 Lyon
Héritière dans la succession de M. Robert Martin

Étude notariale Dupont & Associés
4 place Bellecour, 69002 Lyon

Lyon, le [Date]

Objet : Attestation de porte-fort — succession de M. Robert Martin

Madame, Monsieur,

Je soussignée Camille Martin, héritière dans la succession de M. Robert Martin, décédé le 3 février 2026, demeurant au 12 rue des Lilas, 69000 Lyon, me porte fort, conformément à l’article 1204 du code civil, pour mon frère M. Julien Martin et ma sœur Mme Sophie Martin, tous deux cohéritiers, actuellement injoignables, à l’effet de solliciter le déblocage des comptes bancaires dépendant de la succession.

Je m’engage à obtenir leur ratification de cette démarche dans les meilleurs délais. J’ai conscience que si cette ratification n’intervenait pas, ma responsabilité pourrait être engagée et je pourrais être tenue de dommages et intérêts, conformément à l’article 1204 du code civil.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Camille Martin

Modèle d'attestation de porte-fort pour un acte civil courant

Ce second modèle s’applique en dehors du cadre successoral, par exemple lorsqu’une personne s’engage auprès d’un cocontractant à obtenir l’accord d’un associé, d’un co-emprunteur ou d’un co-indivisaire absent au moment de la signature.

Camille Martin
12 rue des Lilas, 69000 Lyon

Société Immo Conseil
8 avenue Foch, 69006 Lyon

Lyon, le [Date]

Objet : Attestation de porte-fort

Madame, Monsieur,

Je soussignée Camille Martin, demeurant au 12 rue des Lilas, 69000 Lyon, me porte fort, conformément à l’article 1204 du code civil, pour M. Antoine Rossi, co-indivisaire du bien situé 5 rue de la Paix à Lyon, actuellement en déplacement à l’étranger, à l’effet d’obtenir sa ratification du compromis de vente signé ce jour.

Je m’engage à obtenir son accord écrit dans un délai de deux mois à compter de la signature du présent compromis. À défaut, j’ai conscience que je pourrai être tenue de dommages et intérêts envers l’acquéreur, conformément à l’article 1204 du code civil.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Camille Martin

Qu'est-ce qu'une attestation de porte-fort ? Fondement juridique

La promesse (ou attestation) de porte-fort est régie par l’article 1204 du code civil, qui dispose : « On peut se porter fort en promettant le fait d’un tiers. Le promettant est libéré de toute obligation si le tiers accomplit le fait promis. Dans le cas contraire, il peut être condamné à des dommages et intérêts. »

Concrètement, le « porte-fort » ne s’engage pas à accomplir lui-même l’acte à la place du tiers : il s’engage à faire en sorte que ce tiers ratifie ou accomplisse l’acte promis. Si le tiers finit par donner son accord, le porte-fort est automatiquement libéré de son engagement. Si le tiers refuse ou reste injoignable, le porte-fort n’est pas obligé d’exécuter l’acte à sa place, mais il peut être condamné à verser des dommages et intérêts à la personne envers qui il s’était engagé, pour compenser le préjudice causé par ce défaut de ratification.

Depuis la réforme du droit des contrats de 2016, le texte prévoit aussi une variante plus engageante : le « porte-fort d’exécution », par lequel le promettant garantit expressément l’exécution de l’engagement du tiers. Dans ce cas précis, s’il n’a pas été exécuté, le porte-fort peut être tenu d’exécuter lui-même ce que le tiers s’était engagé à faire — ce qui va au-delà de la simple obligation de faire ratifier.

Il est donc essentiel de préciser, dans l’attestation, de quelle forme de porte-fort il s’agit : à défaut de mention contraire, la pratique retient la version « simple » (obligation de faire ratifier), la plus courante et la moins engageante pour celui qui se porte fort. La version « d’exécution » doit être explicitement rédigée pour produire ses effets renforcés.

Pourquoi et quand recourir au porte-fort dans une succession

Le porte-fort est très fréquemment utilisé dans le règlement des successions, car il permet de débloquer une situation urgente sans attendre que tous les héritiers soient identifiés, localisés ou disponibles pour signer. Les cas les plus courants :

  • Déblocage des comptes bancaires du défunt : la banque exige généralement l’accord de tous les héritiers connus ; un ou plusieurs d’entre eux peuvent se porter fort pour les autres afin d’accélérer la procédure.
  • Vente d’un bien immobilier dépendant de la succession : un héritier peut signer le compromis de vente en se portant fort pour ses cohéritiers, le temps qu’ils confirment leur accord définitif à l’acte authentique.
  • Héritier mineur ou sous protection juridique représenté par son administrateur légal, lorsqu’un acte urgent doit être signé avant l’autorisation formelle du juge des tutelles.
  • Héritier résidant à l’étranger ou difficile à joindre, pour éviter que sa seule absence ne bloque l’ensemble du règlement de la succession.

Le notaire chargé de la succession recommande généralement le recours au porte-fort lorsque cela est juridiquement possible, plutôt que d’attendre une procuration signée de chaque héritier, en particulier pour des démarches urgentes.

Portée réelle de l'engagement : ce que le porte-fort garantit vraiment

Il est essentiel de comprendre que se porter fort n’équivaut pas à une garantie financière ni à une caution classique. Le porte-fort ne s’engage pas à payer à la place du tiers, ni à exécuter le contrat en son nom, sauf s’il a expressément accepté un « porte-fort d’exécution ». Son obligation porte uniquement sur le résultat de la ratification :

  • Si le tiers ratifie : le porte-fort est libéré, sans autre conséquence.
  • Si le tiers refuse ou n’accomplit pas l’acte promis : le porte-fort peut devoir indemniser la personne envers qui il s’était engagé, mais uniquement à hauteur du préjudice réellement subi (par exemple les frais engagés inutilement, ou la perte d’une opportunité).

Cette distinction est importante à expliquer clairement dans l’attestation elle-même, afin d’éviter tout malentendu sur l’étendue réelle de l’engagement pris.

Autres usages du porte-fort en dehors des successions

Si le règlement des successions reste le cas d’usage le plus fréquent pour les particuliers, la promesse de porte-fort est aussi couramment utilisée dans d’autres contextes juridiques :

  • Droit des sociétés : un dirigeant peut se porter fort de la ratification d’une décision par les autres associés absents lors d’une assemblée, ou garantir qu’un futur actionnaire signera un pacte d’associés. Cela évite d’attendre la convocation d’une nouvelle assemblée pour formaliser une décision déjà actée en pratique.
  • Cession de parts ou de fonds de commerce : le cédant se porte parfois fort que les autres indivisaires ou co-titulaires des parts ratifieront la vente, ce qui permet de signer l’acte de cession sans attendre que chacun d’eux soit physiquement présent.
  • Indivision (biens détenus à plusieurs, hors succession) : un indivisaire peut se porter fort pour les autres afin de conclure rapidement un acte de gestion ou de disposition sur le bien commun.
  • Contrats commerciaux : une société mère peut se porter fort qu’une de ses filiales signera ou exécutera un contrat conclu en son nom.

Dans tous ces cas, le mécanisme juridique reste identique à celui utilisé en matière de succession : celui qui se porte fort ne s’engage pas personnellement à la place du tiers, mais s’engage à obtenir son accord, sous peine de devoir indemniser son cocontractant en cas d’échec.

Comment rédiger une attestation de porte-fort valable

Pour être efficace et limiter les risques de contestation, une attestation de porte-fort doit comporter certains éléments essentiels :

  • L’identification précise du porte-fort (nom, prénom, adresse, qualité — par exemple « héritier dans la succession de… »).
  • L’identification précise du ou des tiers représentés, avec, si possible, leur lien avec l’acte concerné (cohéritier, coindivisaire, associé).
  • La désignation exacte de l’acte ou de l’engagement pour lequel la ratification est promise : il ne suffit pas d’écrire « je me porte fort », il faut préciser de quoi précisément (vente d’un bien, déblocage d’un compte, signature d’un contrat).
  • La référence à l’article 1204 du code civil, qui rappelle le cadre légal de l’engagement et évite toute ambiguïté sur sa portée (obligation de faire, pas garantie de paiement).
  • La date et la signature du porte-fort, indispensables pour que le document ait une valeur probante.

Dans le cadre d’une succession, il est recommandé de faire relire l’attestation par le notaire en charge du dossier avant signature : il pourra vérifier qu’elle correspond exactement aux besoins de la procédure en cours et l’intégrer, le cas échéant, aux actes qu’il prépare.

Différence entre porte-fort, procuration et caution

Ces trois mécanismes juridiques sont parfois confondus, alors qu’ils répondent à des logiques différentes :

  • La procuration donne à une personne le pouvoir d’agir au nom et pour le compte d’une autre, qui l’a expressément autorisée à le faire. Le porte-fort, à l’inverse, agit en son nom propre et promet seulement d’obtenir l’accord ultérieur d’un tiers qui n’a rien signé au préalable.
  • La caution garantit le paiement d’une dette à la place du débiteur principal en cas de défaillance de celui-ci. Le porte-fort, sauf clause d’exécution expresse, ne garantit qu’une obligation de faire (obtenir une ratification), pas un paiement.

En pratique, le porte-fort est privilégié lorsqu’il est impossible d’obtenir une procuration signée à l’avance (tiers injoignable, absent, ou pas encore identifié avec certitude), ce qui explique sa fréquence dans les successions complexes.

Vous êtes le tiers représenté : que devez-vous savoir ?

Si un cohéritier ou un proche s’est porté fort en votre nom pour un acte qui vous concerne (par exemple le déblocage d’un compte bancaire dans une succession), vous n’êtes en aucun cas engagé automatiquement par sa promesse : tant que vous n’avez pas vous-même ratifié l’acte, vous restez libre de l’accepter ou de le refuser.

Concrètement, on vous demandera généralement de confirmer votre accord par écrit (signature d’un document, réponse à un courrier du notaire) une fois que vous serez en mesure de le faire. Si vous refusez de ratifier l’acte, c’est le porte-fort — et non vous — qui pourra être tenu de dommages et intérêts envers la personne à qui la promesse avait été faite. Vous n’avez donc pas à craindre de conséquence financière directe du seul fait que quelqu’un se soit porté fort en votre nom sans votre accord préalable.

Questions fréquentes sur l'attestation de porte-fort

Le porte-fort doit-il payer si le tiers refuse finalement de ratifier ?

Non, sauf s’il s’agit d’un porte-fort d’exécution expressément prévu. Dans le cas général, le porte-fort risque uniquement de devoir verser des dommages et intérêts pour réparer le préjudice causé par le refus du tiers, pas de payer à sa place.

Un héritier peut-il se porter fort pour un cohéritier mineur ?

Non, un héritier ne peut pas se porter fort à la place du représentant légal d’un mineur. C’est l’administrateur légal du mineur (parent ou tuteur) qui doit intervenir, et l’autorisation du juge des tutelles reste nécessaire pour les actes les plus importants.

L'attestation de porte-fort doit-elle être rédigée par un notaire ?

Non, elle peut être rédigée par le particulier lui-même, comme nos modèles le montrent. Dans le cadre d’une succession, le notaire chargé du dossier l’intègre généralement aux actes officiels qu’il prépare, mais l’attestation initiale peut être un simple courrier.

Que se passe-t-il si le tiers pour lequel on s'est porté fort refuse de ratifier ?

Le porte-fort n’est pas contraint d’exécuter l’acte à la place du tiers (sauf porte-fort d’exécution). Il s’expose en revanche à devoir indemniser la personne envers qui il s’était engagé, pour le préjudice réellement subi du fait de ce refus.

Peut-on se porter fort pour plusieurs personnes à la fois ?

Oui, une même attestation peut mentionner plusieurs tiers (par exemple plusieurs cohéritiers), à condition de les identifier précisément et de préciser l’acte concerné pour chacun d’eux.

À propos de cet exemple. Cette page est rédigée et vérifiée par la rédaction de lettre-motivation-exemple.fr, spécialisée depuis plus de dix ans dans l’accompagnement des candidats. Les modèles proposés sont des trames à personnaliser : un recruteur repère immédiatement une lettre générique. Les informations sur les salaires, diplômes et conditions d’exercice sont issues des grilles et conventions en vigueur et actualisées régulièrement.


Scroll to Top